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LES PLUS GRANDS PEPLVMS EN DVD

 
Mise à jour 19 avril 2009
Les Editions FABBRI ont arrêté leur Collection "LES PLUS GRANDS PEPLUMS". Les derniers exemplaires restant en stock ont été transférés à l'ASSOCIATION PEPLUM (FESTIVAL DU FILM PEPLUM D'ARLES). Vous pouvez les commander à l'adresse suivante : assoc.peplum@cegetel.net
 

19. Hercule se déchaîne (Gianfranco Parolini, 1962. Avec Brad Harris, Serge Gainsbourg, Brigitte Corey) / 91' [DVD inédit] (en kiosque en France : 21 avril 2005)

Hercule rend visite au royaume d'Arpad, où il apprend le décès du roi Nisias [ou Lysias ?], son ami. C'est désormais sa fille Cnidia, une jeune femme ambitieuse mais dominée par son fourbe conseiller Ménistos, qui règne sur le pays. Ménistos a soudoyé une armée de mercenaires, pour soumettre le peuple et lui faire construire des remparts cyclopéens, qui devraient rendre la ville inexpugnable. Hercule s'allie à Héridion, chef des rebelles, et ramènera la pays dans le royaume non sans avoir dû affronter de périlleuses aventures.

En dehors du fait qu'Hercule est présenté comme le fils de Zeus, ce film n'entretient guère de rapports avec la mythologie grecque. Tourné en Yougoslavie avec le concours du ballet de Zagreb parallèlement à Samson contre Hercule (DVD chez L.C.J.) par la même équipe - acteurs, costumes et décors, etc. - il inaugure une longue collaboration entre Brad Harris et Gianfranco Parolini (alias Frank Kramer). On se souviendra de cette bande surtout pour la participation d'un jeune chanteur débutant, un certain Serge Gainsbourg dans le rôle du traître de service. Détail amusant, il se nomme Ménistos ou - plutôt - Mevisto [VO], patronyme qui lorgne vers Méphisto[phélès] à qui Faust vendit son âme ! Une scène anthologique met en scène des danseuses dont les évolutions sont rythmées au... piano.

Je n'ai pas encore eu l'occasion de commenter ici les superbes brochures qui accompagnent les DVD de Fabbri, en grande partie à cause des délais postaux. Une fois n'est pas coutume, j'ai eu l'occasion de lire celle-ci avant de mettre en ligne. En général je suis assez d'accord avec le rédacteur, sauf parfois l'un ou l'autre point de détail - on ne se refait pas, hein ? Et puis, j'aime assez mettre les points sur les «i», fussent-ils grecs (Ah, Pierre Louÿs !).

hercule se dechaine
J'ai été touché par la notice sur Serge Gainsbourg, que j'apprécie autant comme chanteur que comme acteur de péplum, sinon davantage. Mais dans cette 19e livraison, j'ai aussi été - assez - épaté par l'hypothèse du rédacteur Frédéric Ploton quant au nom de la ville d'Arpad et à la personnalité de ce faux «Hercule» qui serait, en fait, à l'origine, Samson. Je ne vais pas pinailler les détails, mais je tiens à (re)préciser que Samson contre Hercule (Sansone) n'a pas été tourné avant mais simultanément avec Hercule se déchaîne (La furia di Ercole) comme l'a confirmé Gainsbourg lui-même à Frédéric Mittérand dans son émission «Que reste-t-il de nos péplums ?» (diffusée le 9 juillet 1984) : «Je ne savais plus dans quel scénar je jouais.» Ce qui d'ailleurs corrobore la thèse de Ploton : à l'origine, et comme dans Samson contre Hercule, Brad Harris devait incarner Samson, non le Fils de Zeus ! Ce qui explique la difficulté pour l'afficionado d'intégrer ce film dans la filmo du héros grec. Quant à savoir que le nom d'Arpad faisait référence à l'ancienne place forte néo-hittite, la capitale du Bît Agusi mentionnée dans II Rois, 19 : 13 («Où sont le roi de Hamath, le roi d'Arpad, et le roi de la ville de Sepharvaïm, d'Héna et d'Ivva ?»), l'inexpugnable forteresse conquise par le roi d'Assyrie Téglath-Phalazar III en -743, j'avoue n'y avoir jamais pensé. D'autant que les costumes et décors du film lorgnent plutôt vers le style «grec». En fait, je voyais plutôt «Arpad» comme une référence balkanique - plusieurs personnages secondaires du film, tourné en Croatie, portent les noms à consonance serbo-croate - quelque part entre le conquérant magyar Arpad qui, en 896, sur le Moyen-Danube, fonda l'Etat hongrois et... Arpad le Tzigane - la série TV de Guy Saguez (1973).
 

18. Nefertiti reine du Nil (Fernando Cerchio & Ottavio Poggi, 1961. Avec Jeanne Crain, Edmund Purdom, Vincent Price, Amedeo Nazzari) / 100' [DVD 5] (en kiosque en France : 7 avril 2005)

Depuis son plus jeune âge, Tanit - une jeune orpheline - vit recluse dans un splendide palais sur les bords du Nil. Elle a rencontré en secret un jeune sculpteur, Tumous. Les deux jeunes gens s'aiment, et décident de fuir ensemble. Mais leur projet est découvert par le Grand Prêtre d'Amon, Bénakon, qui se déclare son père et affirme l'avoir destinée à de grandes choses. Elle sera reine d'Egypte, affirme-t-il, car les dieux et le Pharaon mourant l'ont choisie comme épouse du prince Aménophis.

C'est la réplique italienne - un peu tardive : L'Egyptien, 1954, Nefertiti, 1961 - au célèbre film de Michael Curtiz, avec, dans le genre «légendes cinématographiques», l'hiératique Vincent Price s'efforçant de remplacer le truculent Peter Ustinov ! Freud, dans Moïse et le monothéisme, voyait une filiation entre la pensée d'Aménophis IV Akhénaton et celle de Moïse, qui serait un de ses disciples - peut-être bien même un Egyptien. Mais l'égyptologue Cyril Aldred, dans son Akhénaton, nuance cette hypothèse romantique : le «monothéisme» atonien n'a rien en commun avec le culte sémite d'Adonaï. Moïse lui-même ne serait qu'une projection fantasmatique des rédacteurs du «Livre de l'Exode», un personnage inconnu des annales égyptiennes. Un héros de légende.

nefertiti

Nefertiti, «La Belle est Venue»... insondable mystère de l'Histoire ! Etait-elle princesse mitannienne ou égyptienne ? Ici incarnée par Jeanne Crain, sa beauté ensorcella par-delà l'abîme du temps - très exactement depuis la découverte de son buste, actuellement conservé au Musée archéologique de Berlin, dont les lignes pures ont été érigées en canon académique. Dans ce film, Fernando Cerchio tenta d'imaginer les péripéties mouvementées sur fond de guerre de religion au cours desquelles le sculpteur Tumous (Edmund Purdom) réalisa ce chef d'œuvre de la statuaire égyptienne retrouvé depuis dans un atelier de Tell el-Amarna (*).

Ont également incarné Nefertiti au grand ou petit écran : Rita Gam, dans The Secret of Nefertiti (TV - Série «Believe It Or Not», 1950); Sarah Churchill, dans Nefertiti (TV - Série «The Hallmark Hall of Fame», 1952); Anitra Stevens, dans L'Egyptien, 1954; Valia Boulay, dans Néfertiti et le rêve d'Akhénaton de Jean-Marie Coldefy & François Dupeyron, d'après la pièce d'Andrée Chedid (TV, FR - 1978); et Michela Rocco Di Torrepadula, dans Nefertiti, fille du Soleil, de Guy Gilles (IT-FR-R.A.U., 1993).
En 1987, Walerian Borowczyk
(Les Contes Immoraux; L'Art d'Aimer (d'après Ovide); Emmanuelle 5...) avait lui aussi envisagé de tourner une Nefertiti - mini-série TV en six épisodes - mais le projet n'aboutit pas.

(*) On a supposé qu'il s'agissait d'un portait officiel destiné à servir de modèle aux artistes.

 

17. Les derniers jours de Pompéi (Mario Bonnard & Sergio Leone, 1959. Avec Steve Reeves, Christine Kaufmann, Fernando Rey, Mimmo Palmara) / 93' [DVD 5] (en kiosque en France : 24 mars 2005)

Août 79 de n.E. La population de Pompéi est terrorisée par une secte de tueur encagoulés, les chrétiens, qui assassinent et pillent les villas patriciennes. C'est alors que revient de Palestine un quatuor de centurions démobilisés, conduits par Glaucus. La villa paternelle est la dernière en date a avoir été ravagée.
Craignant la colère de Rome, les autorités de la ville enquêtent. Quel est le rôle du grand-prêtre d'Isis Arbacès, de Julia Lavinia l'épouse du préfet Ascanius et de Galénas, le commandant des prétoriens ? Glaucus démasquera les vrais coupables et innocentera Olynthus et sa pacifique communauté. En vain, toutefois. Le brusque réveil du Vésuve enfouira sous la cendre les misérables ambitions humaines, effaçant jusqu'au souvenir de la ville pécheresse...
(«Péchante, pécheuse, pécheresse itou», comme aurait pu chanter le grand Georges).

Un scénario (re)fait sur mesure pour l'herculéen Steve Reeves qu'on aurait mal imaginé dans le rôle un peu fade de l'aimable citoyen d'Athènes imaginé par Bulwer-Lytton, qui seyait si bien à Georges Marchal (version 1949). Dans une oubliette sous le temple d'Isis, le grand Steve affrontera un crocodile à mains nues, puis donnera une leçon de pugilat à son antagoniste attitré Mimmo Palmara, et enfin, en lui brisant les reins, évitera une indigestion à la pauvre lionne chargée - à elle toute seule - de dévorer cinquante chrétiens terrorisés (la viande stressée n'a pas très bon goût !).

der jours pompei

Nos quatre baroudeurs rentrent donc au pays où ils démasqueront le complot d'une secte d'Egyptiens revanchards qui faisaient endosser leurs crimes aux innocents chrétiens - un scénario qui sera littéralement pillé trois ans plus tard dans Les Derniers jours d'Herculanum. La présence d'une communauté chrétienne à Pompéi en 79, cité balnéaire courue de la jet set, reste très discutée mais assez improbable du fait du manque de preuves archéologiques convaincantes (et pourquoi pas des Témoins de Jéhovah à Saint-Tropez ?). En tout cas, il n'apparaît pas que Titus, «les Délices du Genre Humain», ait persécuté les disciples du Christ, pas plus que son père Vespasien du reste (en revanche, son frère Domitien (81-96) sera l'empereur de la deuxième grande persécution). Un malheur ne venant jamais seul, l'éruption du Vésuve d'août 79 fut bientôt suivie, début 80, d'un tragique incendie de Rome. Le règne de Titus fut également entaché, en 70, par la destruction de Jérusalem (voir téléfilm Masada) et le pillage du Temple, dont le butin finança la construction du Colisée (voir docu-fiction Les Gladiateurs). Pour être tout à fait complet avec Titus, signalons encore ses amours contrariées avec la princesse juive Bérénice, dont Racine tira une tragédie : il en existe une version DVD avec Gérard Depardieu dans le rôle de Titus et Carole Bouquet dans celui de Bérénice (Bérénice, Jean-Daniel Verhaeghe, 1999). Un curieux péplum érotique, à notre connaissance inédit en français (VHS chez Vestron, Pays-Bas) nous campe une Bérénice assez inattendue sous les traits de Sybil Danning, les seins glorieux débordant de son justaucorps de cuir, sword-women émule de Red Sonja en visite à Pompéi au moment du cataclysme (Warrior Queen, Chuck Vincent, 1986) ! Aujourd'hui encore je me demande comment on a pu imaginer une telle métamorphose... Il est également fait référence à la passion de Titus pour Bérénice dans Le dialogue de Rome de Maguerite Duras (1982).

Sauf le Temple d'Isis, très conventionnel, les décors de Pompéi reconstitués aux Studios C.E.A. à Madrid sont très soignés et réussis avec leurs inscriptions en belle calligraphie latine; ils resserviront pour Le Colosse de Rhodes de S. Leone, La révolte des esclaves de Nunzio Malasomma et Goliath contre les Géants de Guido Malatesta. Comme pour Hercule à la conquête de l'Atlantide, les scènes de volcanismes sont des stock shots empruntés aux Rendez-vous du Diable d'Haroun Tazieff.

 

16. Hercule et la reine de Lydie (Pietro Francisci, 1958. Avec Steve Reeves, Sylva Koscina, Sylvia Lopez, Gabriele Antonini) / 92' [DVD inédit] (en kiosque en France : 10 mars 2005)

Le navire Argo débarque Hercule, sa jeune épouse Iole et Ulysse sur les côtes de l'Attique. Le Fils de Zeus rentre à Thèbes, sa patrie. Chemin faisant, il doit lutter contre le géant Antée, Fils de la Terre. A Colone, entrée des Enfers, il propose son arbitrage au conflit opposant les fils d'Œdipe, venus consulter l'ombre de leur père. Les deux frères, qui se disputent le trône de Thèbes, ont convenu de règner alternativement un an chacun. Mais son terme échu, Etéocle refuse de s'effacer devant Polynice, qui a amené une armée de mercenaires argiens conduits par Amphiaraos.
Hercule convainc Etéocle de respecter l'accord conclu. Mais alors qu'il porte sa réponse à Polynice, le héros est drogué et kidnappé par les envoyés d'Omphale reine de Lydie, qui parcourent le monde à la recherche de beaux spécimens mâles pour apaiser la fureur génésique de leur reine. Ulysse, qui se fait passer pour le serviteur muet du héros, réussira-t-il à arracher son ami à l'emprise de la cruelle reine, et à empêcher la guerre qui se prépare sous les murs de Thèbes ?

Pietro Francisci a réussi l'exploit - rare à l'écran - de nous donner une séquelle surpassant la première mouture (Les Travaux d'Hercule). Il est vrai que le réalisateur barre résolument dans le fantastique, télescopant le personnage mythologique d'Omphale («Nombril», en grec) - auquel le héros fut obligé de se soumettre comme esclave en punition d'un de ses nombreux méfaits, dont le film se garde bien de nous parler -, avec celui de la cruelle reine de l'Atlantide Antinéa, l'héroïne de Pierre Benoit (qui reviendra sous son nom dans Hercule à la conquête de l'Atlantide). Comme Antinéa, Omphale collectionne ses anciens amants, que des embaumeurs égyptiens ont statufiés dans des attitudes avantageuses.

Revisitant la patrie des rois Midas et Crésus, le décorateur nous campe une Lydie imaginaire avec ses statues égyptiennes, ses danseuses indiennes, son capitaine au casque de gladiateur répondant au prénom de Sandone (un des surnoms d'Héraklès en Cilicie), et sa reine-mante religieuse costumée de paillettes comme pour une revue de music-hall ! Stupéfiante et roucoulante Sylva Lopez (à la ville, épouse du compositeur Francis Lopez), dont la rouge crinière évoque celle que les Grecs prêtaient à la déesse de l'amour, Aphrodite ! On la retrouvera, presque dans le même costume, dans Le Roi Cruel (Hérode le Grand) incarnant Mariamne, la reine asmonéenne.
Belles performances également du duo Mimmo Palmara (Polynice) et Sergio Fantoni (Etéocle), les frères déments qui s'entre-tueront (
«Réjouis-toi, Peuple de Thèbes... c'est... ton roi qui est... vainqueur !», proclame Polynice avant d'à son tour rendre l'âme), ainsi que du champion de boxe italien Primo Carnera (Mighty Joe Young, La Couronne de Fer, etc.), dans le rôle d'Antée. Le scénario télescope la tragédie de Sophocle Œdipe à Colone, celle d'Eschyle Les sept contre Thèbes et le mythe d'Omphale. On tiendra pour curieux d'avoir donné pour capitaine des «Sept» Amphiaraos (Anfirao, en italien), qui était le sage devin argien opposé à cette guerre, mais contraint d'y suivre son roi - au lieu d'Adraste, le roi, beau-père de Polynice. Le pauvre Ennio de Concini avait dû forcer sur la grappa, ce jour-là !
 

15. Salammbô (Sergio Grieco. Avec Jacques Sernas, Jeanne Valérie, Edmund Purdom, Riccardo Garrone) / 93' [DVD inédit] (en kiosque en France : 24 février 2005)

241-238 av. n.E. - Battue par Rome à la fin de la Première guerre punique, Carthage est à bout de force. En l'absence d'Hamilcar Barca, la métropole africaine est menacée par des hordes de mercenaires qui viennent exiger le prix de leurs services. C'est que depuis cinq ans ils n'ont plus touché leur solde; et les marchands avares qui forment le Conseil de la ville refusent de payer...
A Carthage, l'autorité suprême est partagée par trois hommes : l'ambitieux Narr Havas, le général Hannon qui naguère commanda les mercenaires en Sardaigne, et le grand-prêtre Kohanim. Avide et sournois, Narr Havas est - pour ne pas délier les cordons de sa bourse - disposé à déclencher une guerre contre les mercenaires conduits par leurs officiers respectifs dont le Gaulois Mathô (Jacques Sernas) et le Grec Spendius.

Les amours maudites de la prêtresse-vierge de Tanit, Salammbô, et d'un beau ruffian de mercenaire promis au dernier des supplices. Un péplum presque atypique - la musique légèrement ironique d'Alexandre Derevitsky (*), spécialement le «thème des mercenaires» ! -, tourné à Ilfrane (Maroc) avec le concours de cavaliers berbères dont les tenues traditionnelles rouge et blanc jurent quelque peu avec la quasi nudité des mercenaires révoltés (étoffes et fourrures noires). Aussi un curieux travail sur les costumes, bijoux etc. qui font vaguement «précolombiens». Une ziggourat mésopotamienne, un clin d'œil vers la Porte des Lionnes de Mycènes, le franco-lituanien Jacques Sernas dont la carrière internationale n'arrive pas à décoller depuis Hélène de Troie (R. Wise, 1955) où il incarnait le beau prince séducteur Pâris (au fait, dans l'Histoire comme dans le roman de Flaubert, Mathô était Libyen, pas Gaulois ! Oui, je sais, coproduction oblige...) et la toute belle protégée de Roger Vadim, Jeanne Valérie qui a fait un malheur dans Les liaisons dangereuses. Une étoile qui monte, mais qui va bien vite retomber, elle aussi...

salammbo

Mais surtout - enfer et damnation ! - il manque le fameux Chapitre XIII du roman. Celui qui s'intitule «Moloch» et qui était un des clous du classique Cabiria (1913) de Giovanni Pastrone. Le sacrifice des enfants à l'idole crématoire du dieu Moloch ! Oh le film de Grieco ne l'a pas vraiment oublié, mais il l'expédie en deux plans où l'on voit de grassouillettes jeunes filles pourchassées par les soldats sur fond de flammes ! A vrai dire, la version 1925 de Pierre Marodon - avec Jeanne de Balzac dans le rôle de Salammbô - n'avait guère été plus explicite, et le Scipion l'Africain (1937) de Gallone l'avait carrément niée. Pourtant, dans les années 50-60, les péplums bibliques américains s'en étaient fait des choux gras (L'Histoire de Ruth, Le fils prodigue et même Samson de Dalila où, du ventre opulent du dieu Dagon, s'échappaient des flammes totalement hors de propos si l'on s'en tient aux textes bibliques). C'était l'après-shoah, et ces images montrant les méfaits des voisins d'Israël n'étaient sans doute pas totalement innocentes.
Au juste, malgré la découverte à Tunis, en 1921, du fameux tophet Salammbô (un cimetière d'ossements d'enfant calcinés) le célèbre chapitre de Flaubert, basé sur une extrapolation de la Bible appelée à la rescousse d'historiens grecs à peine partials, a peu de chances de se vérifier.

En 1960, Spyros Skouras (patron de la 20th Century-Fox) envisagea de produire une Salammbô avec Harry Belafonte et Gina Lollobrigida, mais finit par y renoncer, s'étant engagé pour Cléopâtre.

Pour en savoir plus : Michel ÉLOY, «Moloch-le-Brûlant, un poncif de la barbarie orientale. De G. Flaubert à J. Martin», in (COLLECTIF), Péplum : l'Antiquité dans le roman, la BD et le cinéma, Actes du 2e colloque international des paralittératures de Chaudfontaine (Liège, 11-13 novembre 1988), Les cahiers des para-littératures, n 5, Chaudfontaine-Liège, éd. CÉFAL, 1993.
CÉFAL - boulevard Frère-Orban 31 - B 4000 Liège. Tél. : (0032) 41 54 25 20 / Fax : (0032) 41 54 24 40.

(*) Qui, quelques mois plus tard, signera la B.O. de La vengeance d'Hercule.

 

14. Hercule à la conquête de l'Atlantide (Vittorio Cottafavi, IT - 1961. Avec Reg Park, Fay Spain, Ettore Manni) / 100' [DVD inédit] Bonus (en kiosque en France : 10 février 2005)

L'oracle de Tirésias a annoncé que dans le lointain Occident, une menace planait sur Thèbes. En compagnie de son fils Hyllos et du roi de Thèbes Androclès, Hercule entreprend une expédition afin de déterminer la nature de ce mal et le détourner de sa patrie. Il découvre ainsi l'île Atlantide protégée par le dieu aux multiples métamorphoses, Protée. Là règne la perfide Antinéa, qui transforme les hommes en lépreux... ou en surhommes mutants qu'elle rassemble en une puissante armée destinée à subjuguer l'univers...

Fascinant télescopage de la mythologie grecque avec la science-fiction (l'orichalque platonicien «aux couleurs de feu» y est devenu la Pierre d'Uranus, métaphore du minerai radio-actif venu d'une autre planète)... et avec les personnages de Pierre Benoit (Hercule/Morhange et Androclès/Saint-Avit). On a beaucoup glosé sur la satire des mœurs parlementaires par Cottafavi, par ailleurs metteur en scène de tragédies grecques pour la RAI, qui du reste inventa pour la circonstances des expressions «néo-mythologisme» et «paléo-science-fiction».
C'est aussi le premier «Hercule» de Reg Park, rival de Steve Reeves dans les compétitions culturistes. Il apparaîtra encore deux fois dans le rôle d'Hercule (
Hercule contre les Vampires de Mario Bava, 1961 et Le défi des géants de Maurice Bright [alias Maurizio Lucidi], 1966, bidouillé avec des stock shots des deux premiers), une fois Maciste (Maciste dans les Mines du roi Salomon de Martin Andrews [alias Piero Regnoli], 1964) et une fois Ursus (La terreur des Kirghizes de Ruggero Biola [Ruggero Deodato] & Anthony Dawson [Antonio Margheriti], 1964), curieuse variation sur le thème du Dr Jekyll et Mister Hyde.

 

13. Les Derniers jours d'Herculanum (Gianfranco Parolini, FR-IT - 1962. Avec Brad Harris, Susan Paget, Philippe Hersent) / 97' [DVD inédit] (en kiosque en France : 27 janvier 2005)

79 de n.E. - Neveu de l'empereur Titus Flavius, Le consul Marc Tibère revient vainqueur d'une campagne qui vient de valoir à l'Empire romain l'annexion de nouveaux territoires. Mais, très rapidement, celui-ci découvre combien incertaine et ambiguë est la vie de cour, et combien la sécurité même de l'Empire est en danger par suite de la corruption toujours grandissante de courtisans ambitieux et sans scrupules.
Il tombe amoureux de Livie, une très belle esclave chrétienne de l'impératrice. Par celle-ci, il apprend que Thirtée, riche marchand d'esclaves et favori de l'Empereur, ourdit un plan ambitieux et dangereux : il fait entrer en Italie, sous le couvert de son commerce d'esclaves, des soldats carthaginois - ses compatriotes - pour s'emparer de l'empire et ainsi venger sa patrie asservie par Rome.

Un «scénar» qui n'est pas sans rappeler celui du Colosse de Rhodes ou les phantasmes des Derniers Jours de Pompéi (1959) (l'invasion secrète des Phéniciens... des Égyptiens.... des Carthaginois). Une problématique qui n'est pas sans trouver d'échos de nos jours encore ! Nous aurons ultérieurement à revenir sur la problématique de l'éruption volcanique d'août 79. Une curieuse (et fauchée) allusion aux naumachies, notamment celle qu'ordonna Claude pour inaugurer les travaux d'assèchement du lac Fucin. L'empereur opposa dans un combat à mort la flotte de quadrirèmes dite des «Rhodiens» à celle des «Siciliens» (19.000 condamnés à mort). Les abords du lac étaient protégés par des radeaux montés par des prétoriens armés de balistes et chargés de s'assurer qu'il n'y eût aucun survivant à cet holocauste «à grand spectacle».

der jours herculanum
 

12. Messaline (Vittorio Cottafavi, IT - 1959. Avec Belinda Lee, Spyros Focas, Arturo Dominici) / 81' [DVD inédit] (en kiosque en France : 13 janvier 2005)

Valeria Messalina est une jeune vestale romaine que l'ambition va emporter bien loin de sa vie de recluse. Elle fait la connaissance du beau centurion Lucius Maximus exactement la veille de ses noces avec l'empereur Claude. Les deux jeunes gens s'aiment dès le premier instant, mais le sort de Valeria est désormais scellé : les épousailles se dérouleront avec tout le faste impérial, et Valeria sera appelée désormais Messaline.
Lucius part pour l'Arménie avec sa légion. Pendant son absence, Messaline se transforme en une impératrice despotique et cruelle. Mais elle n'a jamais cessé d'aimer Lucius, et, à son retour, elle se donne à lui. Elle fait plus : par une série de mensonges, elle le persuade de trahir son empereur. Toutefois, ce ne sera que lorsque sa maîtresse fera assassiner son ami, l'intègre Aulus Celsus que Lucius Maximus commencera à entrevoir son erreur. Mesurant l'abîme de corruption où lui-même a sombré, il passera alors résolument dans le camps des adversaires de l'impératrice. Exaspérée, Messaline redouble de cruauté envers le peuple et même ses courtisans. Quoiqu'il lui soit facile de se venger de cet ancien amant, Messaline renonce toutefois à ordonner son exécution. Cette faiblesse - dictée par son amour, son premier amour - lui sera fatale. En effet, la conjuration qu'elle a organisée avec la complicité de Caius Silius, noble romain, représentant de l'opposition à Claude, s'achève dans le sang. Arrachant l'Empereur aux rets tendus par ses ennemis, Lucius et ses troupes écrasent les sbires de Messaline, et celle-ci mourra, poignardée sous ses yeux.
Lucius oubliera ces tragiques événements auprès d'une jeune chrétienne, Silvia, à l'égard de qui il éprouve un sentiment neuf et profond; à ses côtés, il trouvera enfin la paix en s'exilant volontairement dans la lointaine province d'Assyrie.

messaline

«Le personnage de Messaline ne m'intéressait pas du tout parce qu'elle était un cas pathologique, racontera plus tard Cottafavi. Elle manquait d'humanité. C'était une femme détraquée depuis le début. Elle ne regardait plus qu'au-dedans d'elle-même et pas au-dehors; incapable d'aimer ou de haïr, mais faisant les deux en même temps. C'est pourquoi elle a fait tuer les hommes qu'elle a aimés; elle cherchait le pouvoir d'une manière absolue. Ce que je préfère dans ce film, ce sont quelques scènes qui regardent avec attention la vie des Romains à cette époque. La séquence qui se passe à Rome durant les fêtes, où l'on voit sur une petite place deux comédiens en train de jouer du Plaute, Le soldat fanfaron. Il y a des gens qui sont assis sur des bancs par terre et les deux pauvres acteurs, qui n'ont me pas de scène, jouent devant des maisons, comme cela se passait dans le temps pour les spectacles populaires. Les gens qui ne pouvaient se payer les arènes assistaient à ces spectacles.» Dans la version de Cottafavi, Messaline se perd elle-même en sauvant celui qu'elle aime, femme fatale un peu fleur bleue (ce qu'elle fut probablement, historiquement), incapable de voir plus loin que le bout de son nez. Sur l'ordre de Caligula, qui voulait ainsi se moquer de son lourdaud d'oncle en lui donnant pour femme une superbe créature, la fille de Barbatus Messala, Valeria Messalina épousa le consul Claude en 40 (et non en 41, après la mort de Caligula, comme le voudrait le film). Une jeune fille de quinze ans et un quinquagénaire baveux ! L'association était explosive ! Contemplant son buste, Arthur Weigall lui trouvait un regard bovin. Plus stupide que méchante, Messaline se laissait dominer par ses appétits génésiques. Bien entendu, elle ne fit jamais partie du collège des Vestales. Ses aventures amoureuses firent les délices de Félicien Champsaur (L'orgie latine, 1903) et d'Alfred Jarry (Messaline, 1900). Il est vrai que les frasques de celle qui, sous le nom de Lysisca, faisait de l'abattage dans un bouge de Subure, rentrant chez elle à l'aube «le vagin encore roide», avaient de quoi stimuler l'imagination. Amoureuse du beau Caius Silius (le sinistre Arturo Dominici !), elle aurait fait croire à son naïf mari d'empereur qu'une prophétie avait annoncé la mort de son époux dans l'année. D'où que le benêt se prêta à une mascarade où il permettait à sa femme d'épouser officieusement... son amant. La manipulation découverte, le nouveau «mari» fut bien condamné à mort, et avec elle cette fine mouche trop maline, à qui on envoya un prétorien au glaive bien affûté ! Messaline avait alors vingt-trois ans.
La fille de Barbatus Messala et de Domitia Lepida laissait un fils, Britannicus, qu'elle avait eu de Claude. Elle était la cousine du petit Lucius Domitius, le futur Néron, et avait haï Agrippine qui, exilée par son frère Caligula, avait confié le petit Lucius Domitius (5 ans) à sa tante Domitia Lepida (la mère de Messaline, donc). On sait le tragique destin de Britannicus empoisonné par Agrippine, ou Néron, ou les deux, ou aucun des deux - car l'empoisonnement est indémontrable - mais tout de même décédé à... l'âge de 14 ans !

Messaline fut sous les traits de la comtesse italienne Rina di Liguoro la très méchante héroïne d'un film d'Enrico Guazzoni (Messaline, 1923) où elle veut faire sacrifier à Isis une pauvre ingénue. Ensuite, sous les traits de Gerta Walkyria elle sera la figure centrale de l'unique péplum brésilien jamais tourné (Messaline, Luiz De Barros, 1930). En 1937, Merle Oberon l'incarna dans le I Claudius inachevé de Josef von Sternberg (1937); et en 1951 ce sera Maria Felix, dans la version de Carmine Gallone, qui lui prêtera ses traits. Messaline y animait une faction anti-républicaine contre celle menée par l'intègre Valérius Asiaticus. Disgraciée par l'empereur, errant dans Subure, elle demandait finalement à un de ses anciens amants, le gladiateur Taurus, de l'aider à mettre fin à ses jours... Lorsqu'on découvrit son cadavre on crut au meurtre d'une simple prostituée (Messaline, 1951). On la retrouva ensuite interprétée par Susan Heyward dans Les Gladiateurs (1954), par Marilu Tolò dans Hercule contre les Mercenaires/Il gladiatore di Messalina (Umberto Lenzi, 1964) et par Sheila White dans le feuilleton I Claudius (1976). Après le succès de Caligula (1977) où sous les traits d'Anneka di Lorenzo et pour les besoins du film, elle se réconciliait avec sa vieille ennemie Agrippine (Lori Wagner) le temps d'une scène lesbienne assez hard, elle sera ensuite de toute une série de péplums érotiques au début des années 1980' (Caligula et Messaline, Messaline impératrice et putain, etc.).

Gentleman accompli, le latiniste Jean-Pierre Néraudau tentera de démontrer dans ses Louves du Palatin (Belles Lettres, 1988) qu'une femme de la famille impériale aurait difficilement pu s'adonner à toutes les fredaines que lui attribua cette malveillante raclure de bidet nommée Suétone. On ne plaisante pas avec l'honneur des dames ! Non mais !

 

11. La Guerre de Troie (Giorgio Ferroni, IT-FR - 1961. Avec Steve Reeves, John Drew Barrymore, Hedy Vessel) / 101' [DVD inédit] (en kiosque en France : 30 décembre 2004)

Depuis neuf ans déjà, les Grecs, conduits par Achille et Agamemnon, assiègent la ville de Troie pour rendre la belle Hélène à son mari Ménélas, le roi de Sparte, enlevée par son amant le prince troyen Pâris. Achille vient de tuer le frère de Pâris, le valeureux Hector - dont, fou de chagrin, il humilie la dépouille pour venger la mort de son ami Patrocle. Les Troyens sont désemparés, à bout de forces.
Le lâche et intrigant Pâris est désormais leur chef de guerre à la place de son frère, mais il n'est qu'un instrument entre les mains de son «épouse» Hélène, cruelle et ambitieuse. Dans Troie, il ne reste plus comme voix raisonnable que celle du sage Enée, ami d'Hector. Enée a secrètement épousé Créüse, sœur d'Hector et de Pâris, qui porte leur enfant - ce qui le place en situation délicate vis-à-vis des fils du roi Priam, jaloux de leur autorité.
Enée, néanmoins, prend l'initiative de chaperonner le vieux roi lorsque celui-ci s'humilie auprès d'Achille pour mendier la restitution du corps d'Hector. Aux jeux funèbres de Patrocle, Enée lutte contre Ajax pour récupérer les armes du vaincu qu'il entend restituer à sa veuve. Enée a alors l'occasion de mesurer la noblesse d'Achille, héros épris de gloire, absolument étranger à la ruse et aux faux semblants. Mais c'est le fourbe Ulysse qui a l'oreille du roi des rois Agamemnon...

guerre de troie

La guerre de Troie (1961) était la première partie d'un diptyque dédié à la gloire d'Enée, le héros dont se flattaient de descendre les Romains. Giorgio Rivalta en tournera le second volet, toujours avec Steve Reeves, Les conquérants héroïques, qui raconte la conquête du Latium par les Troyens en quête d'une terre d'accueil. Un troisième volet, également filmé par Ferroni, narrera les aventures en Egypte d'Hélène et Ménélas retour de Troie; le héros en était le Spartiate Arion, incarné par Mark Forest (Hélène, reine de Troie / Il Leone di Tebe, 1963). Il est amusant de rappeler que, phagocitant sa Guerre de Troie, les Conquérants héroïques de Rivalta, mais aussi ses Bacchantes ainsi que Le Colosse de Rome, Ferroni bidouillera un dernier péplum, Hercule contre Moloch où Gordon Scott remplace Steve Reeves... A vrai dire, il y a dans La Guerre de Troie deux ou trois brefs plans de bataille où les protagonistes se retrouvent subitement en costumes non plus grecs mais romains. Peut être un emprunt à La bataille de Corinthe de Mario Costa ? Ce genre de pratique était courant à Cinecittà, et faisait les délices des amateurs avertis.
Giorgio Ferroni n'était pas un novice dans le genre péplum. Jeune assistant de Carmine Gallone, il avait - en 1937 - réalisé le
making of de Scipion l'Africain; toutefois, il est surtout resté dans la mémoire de cinéphiles pour son sulfureux film d'épouvante, Le moulin des supplices (Il mulino delle donne di pietra, 1960). Plus tard, sous le pseudonyme de Calvin Jackson Padget, Ferroni se recyclera dans le western-spaghetti. A l'aune de Cinecittà La Guerre de Troie fut une vraie superproduction, dont les extérieurs furent tournés en Yougoslavie (la ville de Troie étant reconstituée près de Belgrade sur 30.000 m2) et qui bénéficia de la collaboration de la cavalerie du maréchal Tito. Au contraire des versions précédentes ou postérieures axées qui sur Achille, qui sur Pâris, cette version-ci se focalise sur Enée et les rapports du chef des Dardaniens avec les arrogants Priamides. Les scénaristes ont ici puisé - directement ou indirectement - dans l'œuvre de Dictys de Crète dont il nous faut signaler ici la réédition en français des Ephémérides de la guerre de Troie dans la belle collection «La Roue à Livres» (Récits inédits sur la Guerre de Troie (trad. et comm. Gérard Fry), Les Belles Lettres, 2004).
Face au noble Steve Reeves/Enée, Arturo Dominici - plus habitué aux rôles de traître
(Les Travaux d'Hercule) ou de complice (l'amant de la maléfique Barbara Steele dans Le masque du démon) - campe un loyal Achille infiniment plus droit que Brad Pitt dans le récent Troie. Il n'en a toutefois pas le charisme et, du reste, il en est mieux ainsi car il aurait, sinon, volé à vedette au beau Steve «Hercule» Reeves, ce qui n'était certes pas le but des scénaristes.

(Pour plus de détails sur le rôle d'Enée dans ce film : Michel ELOY, «Enée et Didon dans le cinéma et la bande dessinée», in René MARTIN (éd.), Enée et Didon. Naissance, fonctionnement et survie d'un mythe, Actes du colloque «Enée et Didon après l'Enéide», Université de Paris III, éd. du C.N.R.S., 1990. Signalons par ailleurs la superbe BD de l'Américain Eric SHANOWER, Eisner Award 2001 & 2003 : L'Age du Bronze - 1. Un millier de navires, Paris, Akileos éd., 2003.)

 

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