site peplums
 
logo peplums

L'Épée enchantée
(Bert I. Gordon, EU - 1962)

 

Sorti dans le sillage de Jack le Tueur de Géants, axé sur les monstres en animation, L'épée enchantée est davantage axé sur les thèmes classiques du film d'horreur (vampires, créatures difformes, dragon en carton-pate) voir de la science fiction (miroir magique fonctionnant comme un tube cathodique; radiations atomiques...) qui viennent se greffer sur le thème de la quête chevaleresque et du château maudit.
A noter que le combat de Saint Georges et du dragon a inspiré d'une manière radicalement différente Dragon Sword (George and the Dragon, Tom Reeve, 2004).

 
magic sword
 

Prince de la série B à petits budgets, Bert I. Gordon est reconnu comme LE spécialiste des films de « gigantisme » (Soudain… les monstres d’après H.G. Wells, L’empire des fourmis géantes, Le village des géants et bien d’autres fleurons du genre). Il est aussi l’auteur d’œuvres troublantes comme Le détraqué (The Mad Bomber) ou le terrible Necromancy avec Orson Welles (1972).

Épée enchantée (L')
Epée enchantée (L') [FR]
Epée enchantée (L') [BE]

Etats-Unis, 1962

Magic Sword (The) / St. George and the 7 Curses [t/trav.]
Magic Sword (The) [EU] / St. George and the 7 Curses [t/trav.] [EU]

Prod. : Bert I. Gordon Prod. - United Artists / Technicolor / Supervision / 2.180 m / 80'

Fiche technique
Réal. : Bert I. GORDON; Scén. : Bernard SCHOENFELD (d'après une histoire de Bert I. GORDON); Images : Paul VOGEL (Eastmancolor); Prod. : Bert I. GORDON; Dir. art. : Franz BACHELIN; Maq. : Dan STRIEPEKE; Mont. : Harry GERSTAD; Trucages mécaniques : Milt RICE; Assist. réal. : Robert MENDELSON; Eff. spéciaux : Bert I. GORDON; Assist. eff. spéc. : Flora M. GORDON; Musique : Richard MARKOWITZ.

Fiche artistique
Gary LOCKWOOD (George[s]) - Anne HELM (princesse Hélène) - Basil RATHBONE (Lodac) - Estelle WINWOOD (Sybil) - Liam SULLIVAN (sire Branton) - Maila NURMI (sorcière-vampire) - Nick et Paul BON TEMPI («Frères Siamois») - John MAULDIN (sire Patrick) - Jack GALLO (sire Dennis) - Leroy JOHNSON (sire Ulrich) - David CROSS (sire Pedro) - Angus DUNCAN (sire James) - Taldo KENYON (sire Anthony) - Jack KOSSLYN (ogre) - Ted FINN (premier nain) - Angelo ROSSITO (second nain) - Dick KIEL («Pinhead») - Merritt STONE (roi) - Larrie RICHARDS (Anne) - Marlene CALLAHAN (princesse Grâce) - Ann GRAVES (princesse Laura) - Danielle DE METZ (Mignonnette, la jeune française).

DISTRIBUTION
FR/ Artistes Associés (sortie à Paris, 25 avril 1962 / Interdit aux moins de 13 ans)
BE/ Artistes Associés

BIBLIOGRAPHIE
BD : X., The Magic Sword, New York, Dell, coll. Movie Classic, n 01 496 209, 1962.

VIDÉOGRAPHIE
DVD : L'épée enchantée (The Magic Sword), Bach Films, coll. «Heroic Fantasy», P. 2006. V.O. anglaise s/t FR - son mono - couleur - Format 4/3 - durée 80'.

 
epee enchantee
 

CRITIQUES
Jacques GOIMARD, «Les Grands-Bretons en quête de péplums», Fiction, n 108, novembre 1962, pp. 169-171; J.-P. TÖRÖK, Positif, n 48, 1962; Marcel OMS, «Les yankees à la cour du roi Arthur», in «Le Moyen Age au cinéma», Les cahiers de la cinémathèque de Toulouse, ns 42-43, été 1985, pp. 61-69 (spéc. p. 68).

SCÉNARIO
(Fils d'une sorcière bienfaisante, George arrachera sa princesse aux griffes d'un affreux sorcier.)

Au IVe s., en Grande Bretagne. George n'a que vingt ans et vit auprès de sa mère adoptive, la magicienne Sybil, entouré de son chimpanzé et de ses serviteurs siamois. Il est amoureux de la princesse Hélène, qu'il observe à travers la surface d'un étang magique. Or celle-ci, qui vient d'avoir dix-huit ans, est kidnappée sous ses yeux par le redoutable sorcier Lodac. Le jeune homme n'a plus qu'un désir, voler au secours de l'élue de son coeur. Mais la magicienne - vieille ennemie de Lodac qui, à son dragon, a donné son père et son frère à dévorer - trouve son pupille trop jeune pour s'engager dans une aventure aussi périlleuse. En effet, le royaume de Lodac est le plus inconcevable domaine de l'horreur et de la peur qui puisse s'imaginer, et les rares téméraires qui s'aventureront sur la route du «Funeste Péril» devront affronter sept malédictions avant même d'atteindre le repaire du sorcier.

Pour le distraire de son téméraire projet, Sybil montre au jeune homme les présents qu'elle a choisis pour lui et qu'elle compte lui remettre le jour de ses vingt-et-un ans : une armure qui le rendra invulnérable, une épée enchantée nommée «Ascalon» et «Bayard», le cheval le plus rapide du monde. N'écoutant que son amour pour Hélène, l'impétueux George s'empare des cadeaux et enferme Sybil dans ses caves. Puis, grâce à ses nouveaux pouvoirs magiques, il ressuscite six braves chevaliers ensevelis depuis des siècles pour en faire ses compagnons de voyage et de combat : sire Patrick d'Irlande, sire Dennis de France, sire Ulrich d'Allemagne, sire Pedro d'Espagne, sire James d'Ecosse et sire Anthony d'Italie.

Sur ces entrefaites, Lodac vient défier en son château le roi, père d'Hélène. Celui-ci avait naguère fait brûler vive sa sorcière de soeur, quand elle n'avait que dix-huit ans. Justes représailles, le sorcier s'est juré de livrer, dans sept jours, à la voracité du dragon la princesse Hélène qui vient d'atteindre l'âge fatidique. Sur ces paroles, se changeant en corbeau Lodac s'envole par la fenêtre...

Le roi promet la main de sa fille et la moitié de son royaume au chevalier qui lui ramènera la princesse Hélène. Sire Branton, un courtisan en qui le vieux monarque a - à tort - placé sa confiance, se joint à la petite troupe. En fait, c'est lui l'instigateur de tout. Branton porte au doigt un mystérieux anneau magique, naguère perdu par Lodac, qui le rend invulnérable aux malédictions du sorcier. Et il a convenu avec ce dernier de le lui rendre en échange de la jeune fille, dont le mariage lui permettra de s'approprier la moitié du royaume.

La petite troupe conduite par George se met en route pour le château de Lodac, où Hélène vient de faire connaissance de deux princesses captives - Laura et Grâce - dont c'est le tour d'être livrées au dragon, que toutes les semaines le sinistre magicien nourrit de chair humaine. Hélène entend les cris d'agonie des malheureuses jeunes filles et les voraces rugissements du monstre. Dans une semaine ce sera son tour.
A leur première étape, les chevaliers doivent se mesurer à un ogre de vingt-cinq pieds de haut; les sires Pedro et Ulrich sont tués. Le second jour, la petite troupe induite en erreur par sire Branton, parti en éclaireur, s'égare dans la brume; dans le marais, sire Anthony tombe dans un cratère bouillonnant, d'où Georges vainement essaiera de le sortir. Branton l'y poussera même, mais grâce à l'épée «Ascalon» Georges réussira à se sortir des eaux mortelles, cependant que l'onde recrache le squelette d'Anthony proprement nettoyé (1).

Au château, des nains grimaçants s'introduisent dans le cachot d'Hélène, pour la terroriser. La jeune fille réussit à leur fausser compagnie et erre dans le château où elle aperçoit des gnomes prisonniers dans une cage-garde manger. Et aussi une statue de dragon dont les yeux... vivants... l'observent; et les curieux serviteurs de Lodac aux crânes en pain de sucre. Mais bien vite elle est reprise et renvoyée en cellule.
Entre-temps, Sybil a réussi à sortir de sa cave et s'affaire à préparer un charme puissant pour réduire Lodac.
Nous sommes le troisième jour de la quête. Suspectant la loyauté de Branton, sire Dennis le suit jusqu'à un moulin où celui-ci a rendez-vous avec son complice Lodac. Survient une accorte bergère française, Mignonnette, qui fredonne «Frère Jacques». Le galant chevalier parisien tombe immédiatement amoureux de cette... femme-vampire qui se révèle alors sous son véritable aspect de répugnante vieille femme borgne. Heureusement arrive George qui interpose entre eux son bouclier magique, sauvant Dennis. Lodac punit sa complice de son échec en la métamorphosant en araignée «pour quatre jours».

Par miroir magique interposé, Lodac et Sybil se déclarent la guerre. La magicienne, qui perd un peu la mémoire, prépare une potion magique dont elle ne se rappelle plus très bien les ingrédients exacts. Une explosion souffle son laboratoire. Elle vient d'annihiler le charme qui rendait invincibles les armes de Georges !
Une boule de feu atomique surprend sire Dennis et sire James, dont la peau part en lambeau, avant qu'ils ne se désintègrent. George est désormais seul avec sire Patrick. Sire Branton les invite à pénétrer dans un grotte dont ils ne retrouvent pas l'issue. Finalement des spectres démoniaques emportent le chevalier irlandais, malgré la résistance que leur oppose sa Foi puissante.

Le septième jour. Dans le salon du magicien, Lodac et Branton observent dans les flammes de l'âtre les derniers exploits de George, qui néanmoins réussit à sortir de la grotte grâce au sacrifice de son dernier compagnon, et arrive au château. Il est capturé par Lodac et Branton, qui savent se rendre invisibles, et leurs cohorte de serviteurs nains. George est jeté dans le même cachot qu'Hélène - en réalité la femme-vampire, qui ayant revêtu l'apparence de la princesse tente de séduire le chevalier. Finalement, après s'être joué de Branton qu'il anéantit aussitôt que celui-ci lui a rendu son anneau, Lodac envoie au dragon la véritable Hélène. George, qui a perdu son pouvoir magique, va lui aussi être dévoré par le dragon cracheur de feu, mais les gnomes - qui devaient faire les frais du festin de victoire des sorciers - réussissent à s'évader de leur cage de fer, tranchent les liens de Georges et lui restituent son épée désormais privée de ses pouvoirs extraordinaires. La confrontation de Georges et Lodac est inéluctable. Heureusement, Sybil - qui vient d'arriver sous la forme d'une blanche colombe - retrouvera juste à temps la formule qui permettra à son protégé de triompher du monstre. Elle-même changée en panthère noire, après lui avoir repris sa bague magique, apurera son vieux compte avec Lodac, qui périt sous ses crocs. Lodac mort ses enchantements sont rompus, les six chevaliers ressuscitent, et George pourra épouser sa Princesse...

 
CRITIQUES
«Le film joue heureusement à fond le jeu du fantastique le plus naïf, mais son infantilisme n'est pas du meilleur goût.»

Les cahiers du cinéma, n 132, juin 1962, p. 52

«C'est absolument délirant.
Le conte fantastique qui sert de prétexte permet d'exploiter à peu près toutes les recettes du cinéma d'horreur. Nous y retrouvons pêle-mêle : le bric-à-brac pour magie noire, les frères siamois chauves, le loup-garou géant, le dragon à double tête, les nains enfermés dans la cage de fer, la sorcière transformée en araignée, les visages les plus hideux, les hommes à bec d'oiseau, la tête de mort qui se noie, le miroir magique, les apparitions fantastiques, le vampire, les monstres à têtes en pain de sucre etc. Le tout agrémenté de brumes mystérieuses, de dominantes rouges ou vertes suivant les situations. Les images sont assez belles, malgré une évidente économie de moyens, de trucages inégaux, la direction d'acteurs inexistante.
Le film apparaît comme une accumulation voulue de tous les sacrifices
(sic) du film fantastique. Et une telle systématisation est, à la longue, lassante.
La publicité affirme que le fantastique est servi par un procédé inédit :
«La super Percepte-Vision, qui donne un réalisme terrifiant.» J'avoue que ce détail m'avait échappé.»

R.L. [Raymond LEFÈVRE], Image et son

 

dragon sword - george et le dragon

Le combat de Saint Georges et du dragon a inspiré d'une manière radicalement différente Dragon Sword (George and the Dragon, Tom Reeve, 2004)


NOTE :

(1) Mieux vaut ne pas chercher à comprendre la nature de cette eau : s'il s'agissait d'un puissant acide, George n'en a en tout cas pas souffert. Il est vrai qu'avec son armure magique il était invulnérable ! L'épée magique est une véritable «Maison hantée» de foire, un festival d'Halloween où le scénariste a accumulé à l'envi tous les poncifs des films de terreur et de science fiction comme la femme-vampire et les radiations atomiques (qui viendront à bout des sires Dennis et James sans qu'on comprenne très bien comment c'est arrivé). Les serviteurs de Lodac avec leur crâne en plain de sucre semblent sortis de Freaks et, clin d'oeil amusant, lorsque Sybil et Lodac communiquent via leur miroir magique (triple emploi avec l'étang magique de Sybil et le feu de bûches de Lodac), leur euh ! vidéo-conférence... se termine par des parasites TV. - Retour texte