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JUILLET 2008 (3/3)

 

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6 juillet 2008
«DE LA FUREUR DES HOMMES DU NORD, PROTÉGEZ-NOUS SEIGNEUR !» (LES VIKINGS, R. FLEISCHER)
Trinita a écrit :

Les Vikings, de Richard Fleischer ! Quel bon film. C'est un vrai dépaysement et les paysages sont magnifiques. Les acteurs sont excellents et Kirk Douglas fout quand même les jetons avec son œil crevé.
Bref, j'ai passé un bon moment avec ce film...

les vikings - richard fleischer
 
 
RÉPONSE :

Très beau film, en effet. Pour moi, il n'a pas pris une ride. La scène de l'épreuve des haches, Mickey Hargitay l'a refaite avec Jayne Mansfield dans Les Amours d'Hercule. Anthologique !

les vikings - richard fleischer

Et la musique de Mario Nascimbene est superbe, elle aussi. Ce compositeur faisait toujours la même dans tous ses films, avec chaque fois une ou deux pièces nouvelles; ah ces chœurs ! La scène qui m'avait éprouvé, quand j'avais 10 ans, c'était celle où Tony Curtis est livré aux crabes... la noire eau du fjord, et le contre-champ sur le ciel nocturne, où Kitala, la sorcière, entend le cliquetis des armes et chevaux des Walkyries, les Filles d'Odin !

fort la latte
 
fort la latte - la roche goyon

Le second fossé (en partant de la gauche) est un abîme impressionnant : c'est lui qu'Einar et ses guerriers franchissent après y avoir lancé leur bélier qui sert aussi de pont. On voit très bien également le fameux donjon du duel final, surplombant la place forte (document : collection du Ministère de la Défense (S.H.A.T.). Archives du Génie, Vincennes. Extrait de SEKIJÔ NO SHI, Le Château de la Roche Goyon dit Fort La Latte, Mayenne, Imprimeie de la Manutention, 1973

J'ai eu la chance de visiter le château, au cap Fréhel : Fort-la-Latte (du nom du village voisin) ou La Roche-Goyon.
Le Castrum de Roca Goyon ou Roca Goyonis fut construit vers 1338-1353 par Estienne III, seigneur de La Roche Goyon. Les Goyon, seigneurs de Matignon (1209), avaient pour aïeul Etienne Goyon Ier qui passait pour avoir été un compagnon du duc de Normandie, Guillaume le Conquérant lors de la conquête de l'Angleterre, en 1066. Mais bientôt il tomba en ruine. Comme la place, couvrant la rade de la Frenaye, offrait un grand intérêt stratégique, elle fut réaménagée par Vauban entre 1689 et 1694, pour abriter une batterie qui arrosait les navires anglais chaque fois qu'ils approchaient du port de Saint-Malo.
Ceci pour dire qu'au IXe s., les châteaux étaient rarement en pierre. Ils consistaient le plus souvent en une motte centrale surmontée d'un donjon de bois, et entouré d'une palissade de bois également... A ce niveau, quoique de pierre, celui du Seigneur de la Guerre est relativement plus proche de la réalité.

les vikings - tony curtis - kirk douglas

Règlement de compte final entre Einar et Eric, au sommet du donjon de Fort-la-Latte

Je ne savais pas que Kirk Douglas avait eu des problèmes avec les Norvégiens. Certes, il avait besoin de leurs drakkars et de leurs fjords pour camper le pays viking. Les intérieurs, eux, furent reconstitués en studio, à Munich (Bavaria, sauf erreur). En ce qui concerne le tournage en France, Kirk avait besoin d'un paysage qui évoque l'Angleterre: un cap qui s'enfonce dans la mer, un éperon barré. On en trouvait de part et d'autre du Channel, mais La Roche-Goyon lui a plu.

En fait, les cinéastes tournent souvent dans ce château, je me rappelle de l'avoir revu dans divers films, notamment un sur la révolution française et la guerre de Vendée : Chouans ! (Philippe de Broca, 1988), avec Sophie Marceau et Lambert Wilson. Philippe Noiret y incarnait un comte humaniste, Savinien de Kerfadec. Inventeur à ses heures, il avait construit un aéroplane primitif. A la fin, traqués par les Bleus, les héros du haut du donjon s'envolaient sur cet engin...

chouans !

Mais, pour en revenir à nos amis les Vikings, je vous renvoie à ma Filmographie, laquelle vient d'être complétée par Claude Aubert au niveau des Films d'animation consacrés aux Hommes du Nord.
(Revu et augmenté, de Cinéfaniac)

 
 
 
10 juillet 2008
CLÉO DE 5 À 7 (TOUJOURS ROME (HBO))
Séléné a écrit :

Salut, bon ce forum [il s'agit de ROME] a l'air plutôt vide (le dernier message datant de janvier 2008 !) c'est dommage, j'aurais bien aimé partager mon point de vue sur cette série que j'adore avec d'autres «fans»...
Enfin je vais quand même écrire quelque post, on sait jamais peut-être que quelqu'un les lira...

(...)

Adorant le début de cette première saison j'étais curieuse de voir comment serait traité l'un de mes personnages préférés de l'histoire : Cléopâtre. J'ai lu des livres sur elle, sur sa vie et son apparition dans la série m'a vraiment déçue... Elle est montrée comme lubrique, droguée, manipulatrice, ce qui n'était pas du tout le cas si je me fie à tout ce que je connais d'elle. Je pense que ceux qui ont fait la série se sont uniquement fiés aux préjugés et aux rumeurs que les Romains répandaient sur Cléopâtre, car elle était quand même leur ennemie ! Bon je ne vais pas écrire à ceux qui ont fait la série mais sur ce point là elle ne m'a pas plu du tout...

 
 
RÉPONSE :

Je passais, j'ai vu de la lumière. Et je suis entré voir, une fois de plus. Oui, ce site est bien désert.

Par l'intelligence de son propos et son sérieux, Rome (HBO) est sans doute le péplum le plus extraordinaire de toute l'histoire du cinéma. Tous les connaisseurs le confirmeront. Je crains que ce site au demeurant sympathique mais manifestement œuvre d'amateurs systématiques de séries télévisées plutôt que d'amateurs systématiques de péplums, a eu les visiteurs qu'il méritait : des fans de séries TV «coucou les gars. J'adore Rome !». Tout le monde s'en fout, bien entendu. Tous ici nous adorons Rome, la belle affaire ! Et le soufflé retombe, la flamme s'éteint faute de combustible.

(...)

Alors comme ça, tu es Séléné ? Cléopâtre avait donné des jumeaux à Marc Antoine : une fille, Cléopâtre-Séléné et un fils, Alexandre-Hélios, la Lune et le Soleil). Je suis tout à fait d'accord avec toi, Séléné. Tu as bien raison de défendre ta maman, car on n'en a qu'une, n'est-ce pas ?

Oui, la série a opté pour le point de vue de la propagande augustéenne. La vérité du plus fort est toujours la meilleure, n'est-ce pas ? Donc nous avons ici une parfaite illustration du «Serpent du Nil» - la «putain couronnée» (PLINE L'ANCIEN, IX, 6), la «femelle lubrique, usée par la débauche» (PROPERCE, Elégies, III, 11), la folle, ivre de débauche malsaine et de vin maréotique, le «monstre élu du destin» qui préparait la ruine de Rome (HORACE, Odes, XXXVII), bref : la «prostituée» (Ps.-AURELIUS VICTOR, De Viris illustribus, LXXXVI) (CLICK). Cléopâtre était une femme supérieurement intelligente, qui parlait une demi-douzaine de langues, le grec et le latin, bien sûr, mais aussi l'arabe, l'hébreu et même l'égyptien, la langue de ces ploucs de fellahs que les Gréco-Macédoniens méprisaient souverainement. Cela dit, le portrait très premier degré qu'en trace la série ne me paraît pas entièrement faux. Fumait-elle la moquette ? Nous n'avons aucune raison de le penser. Elle était, habile, intrigante (toutes qualités utiles quand on règne) mais elle devait aussi être sacrément autoritaire (ça aussi c'est utile, surtout quand on est considérée comme la Fille des Dieux).

Le film nous la présente comme un peu caractérielle. Nuançons, elle devait avoir du caractère, c'est sûr. Et pas trop apprécier d'être contredite ou contrariée. J'ai un peu tiqué dans l'épisode où elle fouette sa nounou Charmion. Mais Charmion n'était qu'une esclave, après tout. Il faut essayer de se remettre dans l'esprit de l'époque. L'Histoire nous apprend qu'après son suicide, Charmion et Iras, ses deux suivantes, se suicidèrent pour ne pas lui survivre. Peut-être aussi redoutaient-elles de tomber entre les mains de la soldatesque romaine, elles qui - bien qu'esclaves - avaient toujours connu une vie assez confortable auprès de leur maîtresse.
La scène où on la voit rejeter la pipe d'opium pour se décider à s'occuper des choses sérieuses est une très belle métaphore de la force de son caractère, de sa volonté inébranlable. Le reste n'est qu'anecdote. Ainsi, on a glosé sur le fait que la série Rome (HBO) présente de manière assez insolite la consommation de «drogues» dans l'Antiquité romaine. S'agit-il d'une réminicence contemporaine ou d'une réalité historique ? «Un début de bacchanale est filmé (1), où on y voit Agrippa, Mécène et Octavie. Ces deux derniers fumant de l'opium - note Bertrand Marcuzzi (2). Selon le bonus du DVD, on absorbait l'opium sous forme solide ou liquide, comme le laudanum (3). Nous voyons aussi Cléopâtre fumer de l'opium (4). Octavie et son amie Jocaste inhalent du chanvre de Macédoine (5). La drogue vient donc d'Orient, idée qui est renforcée par le bonus DVD expliquant qu'en Egypte antique, on fumait, mangeait et buvait de l'opium ainsi que d'autres narcotiques. Le mythe de la richesse d'un Orient pervertissant l'Occident bat son plein lors de l'arrivée de Marc Antoine.»

Il est probable que sur le plan politique, Cléopâtre avait plus de suite dans les idées que le brave Marc Antoine, merveilleux guerrier, sublime buveur et homme généreux. La deuxième saison nous le montre comme une épave, se livrant à des plaisirs décadents (tirer de l'arc sur un esclave apeuré [6]). Il semble en effet qu'Antoine vécut ses derniers mois, après Actium, en compagnie de quelques viveurs (les «Inimitables») à essayer de jouir au maximum des plaisirs de vie, avant l'inéluctable. C'est ce qu'essaie de nous montrer Rome, en introduction à la scène avec Vorenus. Mais pendant qu'Antoine-Dionysos se bourre la gueule, Cléopâtre-Isis - infatigable petite fourmi - organise la résistance de l'Egypte, et notamment de transfert de ses trésors vers une flotte stationnée dans la Mer Rouge, au cas où...
Toujours je me rappelle ce que dit Sir Stephen dans L'histoire d'O, «Les choses qui nous tiennent le plus à cœur ont souvent quelque chose d'enfantin». Il est des plaisirs qui nous amusent, et dont nous n'aimons pas faire étalage. On appelle ça... avoir «un jardin secret». Moi, ça ne me choque pas vraiment de voir ces images de «décadence» de la part des puissants de ce monde. Ou plutôt, ça ne me surprend pas; et ce n'est pas Bill Clinton qui me contredira. On s'amuse comme on peut, non ?
(Repris du site Rome et révisé)


NOTES :

(1) Deuxième saison, cinquième épisode. - Retour texte

(2) B. MARCUZZI, L'antiquité romaine dans l'audiovisuel anglo-saxon : la République romaine dans la série Rome (H.B.O.), Université Jean Monnet, Master I Territoires, patrimoines et environnement, Lyon, 2007-2008, pp. 33-34. - Retour texte

(3) Bonus DVD, Tous les chemins mènent à Rome, Saison 2. - Retour texte

(4) Première saison, huitième épisode. - Retour texte

(5) Deuxième saison, deuxième épisode. - Retour texte

(6) En fait, c'est surtout Cléopâtre éméchée qui, dans Rome (HBO), s'acharne à prendre ses esclaves pour cibles de ses flèches. Cette séquence nous donne de la reine d'Egypte une image passablement décadente. - Retour texte

 
 
 
16 juillet 2008
«C'ÉTAIT À MÉGARA, FAUBOURG DE CARTHAGE, DANS LES JARDINS D'HAMILCAR...»
Mika a écrit :

1. Salammbô

Je cherche les différentes versions cinématographiques de Salammbô. J'ai trouvé :

1914 Salammbô (Domenico Gaido).
1915 Salammbô (Prod. Word).
1925 Salammbô (Pierre Marodon).
1959 Salammbô (Sergio Grieco).

Si tu as plus, ce serait sympa. Tout ce qui concerne Salammbô m'intéresse. Il existe un superbe site britannique qui compile chapitre par chapitre les illustrations du roman : Richard M. Berrong mais je recherche les dessins de H. Cassiers reprenant les principales scènes de l'opéra en 5 actes et 7 tableaux Salammbô, musique d'Ernest Reyer et livret de Camille du Locle (1), parues dans Le Globe Illustré (Bruxelles), 1890 - représenté pour la première fois au théâtre de la Monnaie à Bruxelles le 10 février 1890.

salammbo et matho

Salammbô et Mathô dans l'opéra Ernest Reyer, gravure de Montégut extraite de L'Intransigeant illustré, publiée à l'occasion de la première à Paris, le 16 mai 1892

 
 
RÉPONSE :

Aux quatre titres que vous citez, je ne puis ajouter que La Prêtresse de Tanît (Salambò), en 1911. Pour ma part, je ne connaissais pas la version 1915 que vous citez; pouvez-vous m'en dire plus ? A ma connaissance, il n'y en a pas d'autres. Je suppose que vous possédez déjà tous les éléments filmographiques relatifs à ces films. Un bref rappel tout de même :

  • La Prêtresse de Tanît (Salambò) d'Arturo AMBROSIO [prod. S.A. Ambrosio (Torino), IT - 1911], avec Gigetta MORANO (Salammbô) - Alberto A. CAPOZZI - Oreste GRANDI - Ercole VASER. (384 m)
  • Salambò de Domenico GAIDO (et Luigi MAGGI (?)) [prod. Pasquali Film (Torino) & Photodrama (Chicago) (George Kleine), IT-EU - 1914], avec Mario GUAITA-AUSONIA (Mathos) - Cristina RUSPOLI (Salammbô) - Egidio CANDIANI. (1.830 m)
  • Salammbô, prod. Word (1915) (?)
  • Salammbô / Kampf um Karthago de Pierre MARODON [Prod. Les Films Pierre Marodon - Louis Aubert - Sascha Film (Vienne) (Alexander Kolowrat), FR-AU - 1924-25], avec Jeanne De BALZAC (Salammbô) - Victor VINA (Hamilcar) - Rolla NORMAN (Mathos) - Raphaël LIÉVIN (Narr'Havas). (3.500 m)
  • Salambò / Salammbô de Sergio GRIECO [Prod. Stella-Fides, IT-FR - 1959], avec Jeanne VALÉRIE (Salammbô) - Jacques SERNAS (Mathos) - Edmund PURDOM (Narr'Havas) - Riccardo GARRONE (Hamilcar Barca). (105')
    (The Loves of Salammbo [EU]; Aufstand der Legionen [AL]).

Dans la version 1914, Mario Guaita-Ausonia - qui incarnait Mathô - était un costaud qui dans ces années dix-vingt s'est tapé tous les rôles musclés du répertoire italien comme Spartacus et d'autres - cf. le bouquin de Monica Dell'Asta, Gli Uomini Forti - de même son prédécesseur de la version 1911, Alberto A. Capozzi; Rolla Norman, qui reprit le rôle dans la version 1925 était lui aussi du genre gorille avec ses sourcils charbonneux : on est assez loin du jeune premier français des années '50, Jacques Sernas.

salammbo salammbo

Rolla Norma (Mathô) et Jeanne de Balzac (Salammbô) (Salammbô, 1925). Plus «viril» que lui, tu meurs.
Jacques Sernas et Jeanne Valérie - Mathô et Salammbô, les amants coupables... (Salammbô, 1959)

Mais savez-vous qu'à l'époque de la sortie du film de Marodon, La Petite Illustration Cinématographique lui a consacré tout un numéro (film raconté, avec quelques photos [nÁ 3, 19 septembre 1925]), et qu'à l'occasion de «L'été Florent Schmitt» du Festival d'Avignon, au début des années '90 L'Avant-Scène opéra [HS, juillet 1991] a également voué tout un dossier spécial au film de 1925 ? Et l'on peut trouver en CD des extraits de la musique de Florent Schmitt, Salammbô, composée pour le film [Florent SCHMITT, Salammbô, trois suites d'orchestre, op. 76 (Chœur de l'Armée française et Orchestre national d'Ile de France, sous la direction d'Yves Parmentier) : Ades AD 690 (P. 1993)].

florent schmitt - salammbo

L'année passée, le film de Marodon a encore été projeté dans le théâtre romain d'Arles, à l'occasion du Festival du film péplum. A ma connaissance, il n'existe pas de DVD. C'est Gaumont qui en détient les droits actuellement. Ah, si Bach Film - spécialisé dans la réédition DVD de films muets - pouvait avoir la bonne idée de nous le ressortir !
En ce qui concerne la version 1959 avec Jacques Sernas et Jeanne Valérie, il existe un ciné-photo-roman, Nous Deux - Roman-Film Vedette, nÁ 19 (2e an.), décembre 1960 (et une version courte de 8 p. précédemment publiée dans Festival, nÁ 571). Je dois en avoir mis deux vignettes dans le courrier du site, pour un visiteur qui se souvenait de la scène des eaux empoisonnées. Le DVD édité par Fabbri n'est, hélas, commercialisé qu'en France métropolitaine.

Encore une chose : il me revient que dans Citizen Kane (Orson Welles, 1940), le milliardaire Charles Foster Kane veut monter un opéra Salammbô dont sa femme Susan serait la vedette et Bernard Hermann le compositeur (Bernie étant du reste le compositeur de la BO du film); pour ce faire Bernard Hermann a composé une aria dont je ne sais rien. Je suppose qu'elle a été incluse dans la BO, s'il en existe un pressage. J'ai vu le film de Welles, mais il ne m'a pas passionné outre mesure, et je ne possède pas la BO, ni le DVD. Quelques plans du film montrent la mise en scène de cet opéra imaginaire, ce qui m'a donné envie d'aller jeter un coup d'œil dans mon dictionnaire - L'opéra. 800 œuvres de 1597 à nos jours (Ramsay, 1977). Grave lacune, cet ouvrage ne mentionne pas l'opéra d'Ernest Reyer. Et pourtant ! Il semble que le premier à avoir eu l'idée d'écrire un opéra d'après le roman de Flaubert fut Théophile Gautier, et l'auteur avait pressenti Berlioz pour la musique. Ce projet n'aboutit pas; pourtant, dès 1863, elle inspira une opérette assez plate, truffée de mauvais calembours, Folammbô ou les Cocasseries carthaginoises par Laurencin et Clairville.
Claude Aziza en donne des extraits dans son recueil Carthage - Le rêve en flammes, Presses de la Cité, coll. «Omnibus», 1993 (pp. 1170-1182 et 1183-1190), repris dans son édition de Salammbô chez Pocket, coll. «Classiques», nÁ 6088, 1995, ainsi que dans deux très courtes communications (2) parues en 1999. La plupart des grands romans péplums du XIXe s. ont ainsi transité par le théâtre avant d'être portés à l'écran : Ben Hur (1880) (Klaw & Erlanger, 1899); Quo Vadis (1895) (Sign of the Cross, Wilson Barrett, 1895)...

carthage

Salammbô, la prêtresse de Tanit
Le personnage de Salammbô est fort intéressant, car il renvoie à un archétype, celui de la femme et du serpent. C'est Eve et Satan, ou la Grande Déesse crétoise. Je me souviens - il y a bien dix-vingt ans - je flânais à la Foire du Midi et j'ai vu dans une sorte de cage de verre une jeune femme nue, assise, enlacée par un python ou quelque chose dans ce genre. L'ophidien était sur ses épaules et elle lui tenait la tête en main; elle l'embrassait et le caressait doucement. Il me semble qu'il y avait encore une dizaine d'autres serpents, qui avaient l'air de s'ennuyer ferme. Dans La vengeance d'Hercule, le méchant Eurytos fait descendre au fond d'un puit empli de serpents, tout doucement et sous les yeux de son mari impuissant, l'épouse d'Hercule. Mais finalement, c'est lui qui y tombera. Un autre méchant, le cruel Diéos, a la manie de jeter dans semblable fosse les gens qu'il n'aime pas : il aura la fin qu'il mérite (La bataille de Corinthe) (CLICK & CLICK). Quoi de plus fascinant que le serpent ?... son regard hypnotique, et aussi la peur panique que son apparition engendre. Il habite les recoins secrets de notre Mère-la-Terre, et son corps-même évoque le membre viril...

magnétique extase salammno lilith

De gauche à droite : «La magnétique extase», dessin de Roland Cat, 1969 (cliché Bernard Eche - Roland Villeneuve, Le Musée de la bestialité, p. 226); Salammbô et son serpent, illustration de Lobel Riche pour l'édition Rombaldi (1935); et le double démoniaque de notre aïeule Eve : Lilith, vue par Michel Desimon, 1968 (cliché Bernard Eche - Musée bestialité, p. 106)

Salammbô, à mon avis, a dû être inspirée à Flaubert par Olympias, mère d'Alexandre le Grand. Elle était prêtresse d'un culte chtonien, dans son Epire natale, et dansait avec des serpent. Le film d'Oliver Stone la montre sous les traits d'Angelina Jolie, manipulant sa collection de reptiles. Je n'ai malheureusement pas de photos de cette scène qui vient d'inspirer Jean Torton. Torton (ou Jéronathon) vient de rejoindre l'équipe de Jacques Martin, voici quelques années. Sa particularité, c'est qu'il s'inspire beaucoup de documents de cinéma. Il vient donc de publier chez Casterman un Alexandre le Grand, où l'on voit plusieurs vignettes avec Olympias et ses serpents. Il y a aussi la fameuse danse de Debra Paget, nue sauf un minuscule cache-sexe en «diamants», dansant avec un python en carton, animé avec des fils, dans le film de Fritz Lang Le tombeau hindou / Le Tigre d'Eschnapour.

Cléopâtre est une autre personne fortement connotée. Ne l'avait-on pas surnommée «le Serpent du Nil» ? Il y a deux softcore qui donnent des versions intéressantes de sa grande scène de suicide : Les orgies de Cléopâtre et Joy chez les Pharaons. Dans Les Orgies, on la voit la gorge nue, avec un serpent nettement plus grand qu'un aspic. Dans Joy chez les Pharaons, Joy (Zara Whites) tourne à Moscou un Cléopâtre érotique. Pour faire une blague à son producteur, elle feint d'avoir été mordue par un serpent venimeux. Elle est couchée dans sa tenue de travail, c'est-à-dire à poil, avec une demi-douzaine de reptiles sur elle.

Enfin, il y a un érudit érotomane, Roland Villeneuve, qui a publié un Musée de la bestialité (Henri Veyrier éd., 1973), où l'on trouve en charmante compagnie quelques Salammbô et autres dames du temps jadis, amies très intimes de nos frères inférieurs. J'adore les bouquins de Villeneuve, qui conciliaient culture académique et culture populaire : Poisons et empoisonneurs célèbres, Loups-garous et vampires, Le Musée des supplices, Le Musée des vampires...

cadmus et hermione shambleau

Devenus vieux Cadmus, le fondateur de Thèbes, et son épouse Hermione furent métamorphosés en serpents. Cette ville avait été fondée par le héros et cinq guerriers issus des dents semées d'un serpent - les Spartoï. Les mythes abondent en créatures reptiliennes qui connotent les forces chthoniennes : les Gigans, Typhœus, la Méduse. Gravure de M. Faulte (cliché Bernard Eche - Musée bestialité, p. 17).
La Méduse inspirera à Catherine L. Moore, «Shambleau». Illustration de Jean-Claude Forest (Fiction, nÁ 57)

Autre curiosité érotique sur le thème femme-serpent. La fée Mélusine, la nymphe des eaux aux cuisses serpentines, qui avait épousé un comte Raymondin de Lusignan sous la condition que certain jour, du samedi au dimanche... son mari ne chercherait pas à la voir. Raymondin eut la mauvaise idée de passer outre, et Mélusine surprise dans sa disgracieuse métamorphose disparut à jamais. Ah ! Les «secrets de Mélusine» qu'évoque Brassens dans La non-demande en mariage ! Faut-il continuer avec la Gorgone Méduse, qui possédait une chevelure de serpents ? Il y a une curieuse nouvelle SF de Catherine L. Moore, Shambleau, où un homme a une étreinte mortelle avec une gorgone extra-terrestre... Il en existe une édition illustrée par Jean-Claude «Barbarella» Forest dans un vieux numéro de Fiction, nÁ 57 (CLICK).

Dans le registre masculin, Hercule, Maciste, Tarzan et même Alix (Le dernier Spartiate) se battent souvent avec des boas. Il n'y en a évidemment pas en Grèce, mais Jacques Martin s'était inspiré d'un relief montrant une divinité mithraïque - un Saturne à tête de lion - enlacée par un serpent géant symbolisant le Temps. N'oublions pas le célèbre groupe hellénistique, Laocoon et ses fils, montrant ceux-ci enlacés par des serpents sortis de la mer (Laocoon avait voulu empêcher les Troyens d'introduire dans leur ville le fameux cheval de bois). Ces statues sont au Vatican; il semble qu'elles aient été volées en Grèce pour orner le palais de Néron, la fameuse Domus Aurea; quand celle-ci fut rasée, le groupe fut - sauf erreur de ma part - incorporé aux Thermes de Trajan, à l'emplacement desquels on l'a retrouvé. Hercule, Jason sont quelques fois montrés avalés par un serpent marin, un kétos - comme Jonas ou Pinocchio par la baleine ou le Léviathan.

Bandes dessinées
De son vivant, Flaubert interdit de mettre des illustrations dans les éditions de son roman, refusant de voir ainsi se figer des images que ses lecteurs devaient former eux-mêmes dans leur imagination. Ses éditeurs se sont rattrapés depuis (voir le site de Richard M. Berrong) ! Il ne put toutefois empêcher des peintres comme Gustave Moreau, G. Bussière et G. Ferrier de matérialiser son héroïne, ni P. Buffet de concrétiser Le défilé de la Hache, encore moins les sculpteurs de donner de l'épaisseur à Salammbô et Mathô (T. Barrau) ou à Salammbô chez Mathô (T. Rivière). Mais qu'aurait-il dit de la bande dessinée, inexistante de son temps ? Dans les années cinquante, quelques BD ont été consacrées à Salammbô par Raymond POÏVET (dans Vaillant, 6e an., nÁs 247 à 265, 6 février-11 juin 1950), par CHRISTO (dans Heroic-Albums, nÁ 29, 8e an., s.d. (1952); rééd. : Johnny Texas, nÁ 36, décembre 1958, 11 pl.) et par NOVI (dans Mondial Aventures, nÁ 2, s.d. (1953), 48 p.), notamment. A l'époque, les catholiques interdisaient de montrer la femme dans des illustrés pour enfants. Quelle ne fut pas la surprise du dessinateur François Cheneval quand il se vit proposer, pour Tintin, d'illustrer en quatre pages le scénario d'une Révolte des mercenaires d'où Salammbô était exclue (Tintin FR, nÁ 901, 27 janvier 1966) ! Heureusement, tous les illustrés n'étaient pas cathos.
Il y a encore celle - flamboyante - de Philippe Druillet, en 3 tomes. Très esthétisante, elle est hélas traitée comme de la SF : on aime ou on n'aime pas; moi je ne suis pas très enthousiaste.

Enfin, il y a «Alix» de Jacques Martin : Flaubert transsude dans toute son œuvre, notamment à travers le thème du «dieu» Moloch qui apparaît dans quatre albums (L'île maudite, Le tombeau étrusque, Les proies du volcan et Le spectre de Carthage). Mais dans Le spectre de Carthage, Alix rencontre la carthaginoise Samthô et leur relation va être une démarque de celle de Mathô et Salammbô, auxquels les flash backs renvoient souvent.

 
 

2. Moloch

Oui, tout sur Salammbô m'intéresse. J'aime pas trop Druillet, style jeu vidéo, ni Alix, style petit français. T'as pas des caricatures mentionnées par Dubosc ?

port militaire carthage

Le port militaire de Carthage, avec en son centre l'«îlot de l'Amirauté» où l'on peut encore voir les vestiges des cales sèches des quinquérèmes carthaginoises...

 
 
RÉPONSE :

J'ai fait pas mal de recherches autrefois sur Salammbô, ou plutôt sur Moloch, le dieu auquel les Carthaginois soi-disant sacrifiaient leurs enfants premiers-nés. Ce dieu n'a jamais existé, MLK étant plutôt un type de sacrifice dans la Bible, et on peut interpréter de diverses manières le fameux cimetière d'enfants du Tophet, exhumé en 1921. Ces recherches ont été publiées par le CEFAL, à Liège(3).

moloch - lana turner

Dans Le Fils prodigue, Lana Turner est la grande prêtresse du Baal de Damas.
Quel homme ne brûlerait-il pas pour elle ?

Il y a aussi des films qui ne parlent pas de Salammbô mais où figure l'idole crématoire (Cabiria, Carthage en Flammes, Le Colosse de Rhodes, L'Histoire de Ruth, Le Fils prodigue...). De ce dernier film, il existe une superbe photo en couleur de Lana Turner, adossée à l'idole d'un Baal à cornes de taureau, avec un serpent à côté d'elle. Belle extrapolation de la fille d'Hamilcar.

triérarque sans nom carthage - voyages d'alix

Deux interprétations du dieu dévorateur de Carthage inspirées de Flaubert : Serge Saint-Michel & Jean-Marie Ruffieux, Le Triérarque Sans Nom/1 et Vincent Henin & Jacques Martin, Carthage (Les Voyages d'Alix)

Moloch-Baal apparaît dans quantité de BD en tous genres, outre les précitées adaptations de Salammbô : Aviorix («L'antre des sacrifices») de Moniquet, Velthur le Pacifique de Rutalais, Jean d'Armor (H. Le Monnier), plusieurs aventures d'Alix déjà mentionnées plus haut, auxquelles nous rajouterons l'album didactique Carthage - Les Voyages d'Alix (V. Henin & J. Martin), Taranis le Fils de la Gaule (V. Mora & R. Marcello), Cinecittà (Constant & Lapière), La Comète de Carthage - Les Aventures de Freddy Lombard (Chaland), Le Génie des Alpages/4 - Un grand silence frisé (F'Murr), Le Souffle de Moloch - Bernard Prince (Hermann & Greg), Le Triérarque Sans Nom/1 (Saint Michel & Ruffieux), Les Fous de Baal - Corian/3 (Debruyne), Prisonniers de Baalbek - Sylvain de Rochefort/3 (Cayman & M. de Bom)...

La question de Moloch m'avait passionné à cause de la fameuse page «didactique» du Tombeau étrusque exposant l'origine de Baal Moloch. Puis j'ai découvert la polémique engendrée par une réplique malheureuse d'un personnage romain, «Cette divinité vient de Judée». Et j'ai alors découvert que l'accusation de crimes rituels était un cliché antisémite vieux de 2.200 ans, qui avait encore cours de nos jours comme le rappelait le cinéaste Michel Drach (4) se souvenant de l'angoisse de la jeune fille d'ouvrage (chrétienne) de sa famille, qui rendit son tablier : «Le curé du village [vers 1940] lui avait dit qu'à une certaine fête juive on tuait le plus jeune des enfants». Le premier à en avoir fait état, à ma connaissance, fut Flavius Josèphe dans son Contre Apion, réfutation des rumeurs colportées par les Grecs d'Alexandrie. En 1943, l'illustré collaborationniste Le Téméraire, en son numéro 10 et sous la plume d'un certain Jacques Savary, se plaisait à rappeler aux chères petites têtes blondes le martyre d'enfants chrétiens torturés à mort par des Juifs qui burent son sang. Délires antisémites, bien entendu. Mais l'énumération était troublante : le petit William à Norwich (1144) (un tableau conservé dans l'Eglise de la Sainte-Trinité à Loddon, Norfolk, représente son martyre); le petit Hughes à Lincoln (1255); le petit Henri à Munich (1345); le petit Simon à Trente (1475) (canonisé, sa momie était conservée dans la cathédrale de Trente - mais depuis 1965, l'Eglise catholique désavoue le culte de saint Simon de Trente, N.d.M.E.); le R.P. Thomas, un dominicain, à Damas (1840); le jeune André Toutchinski à Kiev (1911)... On n'imagine plus de nos jours comment pareilles insanités peuvent encore être colportées (5).

Par ailleurs, en menant mon enquête, je me suis aperçu que rien dans l'archéologie punique ne corroborait l'idole dessinée par Martin et, avant lui, par les illustrateurs de Salammbô. J'ai remonté les sources de Flaubert, citées par lui dans son courrier avec Sainte-Beuve, jusqu'au jésuite Athanasius Kircher, Œdipus Ægyptiacus (1652), et ait ainsi découvert que Moloch, en fait, était une construction intellectuelle inventée de toutes pièces par des rabbins du XIIe s. - Raschi de Troyes et David Kimchi (Radak). En faisant l'exégèse de la Torah, ces érudits avaient juxtaposé les références au ha-molek avec d'autres emprunts classiques à la mythologie et à l'histoire grecques, ou aux lexicographes byzantins (Cronos dévorant ses enfants, le Taureau de Phalaris (que les Carthaginois ramenèrent chez eux après avoir conquis Agrigente), Talos le géant de bronze gardien de la Crète, le «Risus sardonicus» etc.), Ensuite les érudits chrétiens des XVIIe-XVIIIe s. (Selden, Dom Calmet) prirent ces spéculations pour argent comptant dans leurs propres commentaires de la Bible. Et l'on ne se fit pas défaut de rapprocher le Moloch de la Bible du Baal Hammon des Carthaginois, à propos desquels les Grecs se répandaient en horreurs (Diodore de Sicile, Clitarque etc.). Il faut encore signaler une autre interférence avec le «Moloch gaulois», la statue d'osier à sept compartiments, à l'intérieur de laquelle on brûlait une victime humaine en l'honneur de Taranis (il est au centre des deux versions de The Wicker Man, celle de 1973 ave Christopher Lee et celle de l'année passée avec Nicolas Cage). C'est là que puisa le brave Gustave pour rédiger le chapitre XIII de Salammbô.
Voilà en quelques mots l'objet de mon travail, qui en outre contenait une bibliographie commentée de romans, films et BD historiques.

Quant au fameux «Tophet Salammbô» exhumé à Carthage en 1921, où auraient été inhumées les cendres de quelque 30.000 petites victimes, il s'agit d'un cimetière spécialisé pour les enfants morts en bas âge, éventuellement pour les substituts animaux offerts en rachat d'une guérison d'enfant. En effet, les cendres d'enfants sont inhumées individuellement. Il est clair que cela ne saurait concorder avec le récit de Diodore de Sicile, lorsqu'il parle de 300 enfants brûlés en bloc dans l'idole crématoire.


NOTES :

(1) Certaines de mes sources orthographient «Camille du Loch», mais il doit s'agir d'une erreur de compo. Camille du Locle a également rédigé en français la première ébauche d'Aïda de Verdi, d'après un argument de l'égyptologue Auguste Mariette (N.d.M.E.) - Retour texte

(2) Claude AZIZA, «Salammbô dans le roman à l'antique du XIXe s.» et «La mode Salammbô», in Daniel FAUVEL et Yvan LECLERC (sous la dir.), «Salammbô» de Flaubert. Histoire, Fiction, Paris, Honoré Champion, 1999, pp. 73-77 et 189-192 [diffusion hors de France : Editions Slatkine, Genève]. - Retour texte

(3) Michel ÉLOY, «Moloch-le-Brûlant, un poncif de la barbarie orientale», in «Péplum : l'Antiquité dans le roman, la BD et le cinéma», Actes du 2e colloque international des Paralittératures de Chaudfontaine consacré à l'Aventure (2e partie) (1988), Les Cahiers des paralittératures, nÁ 5, Bibliothèque des paralittératures, Edition du Céfal, 1993 [Textes réunis par Jean-Marie Graitson], pp. 75-183. - Retour texte

(4) Janine EUVRARD, «Michel Drach : Echapper au marketing sur la judéité», CinémAction, nÁ 37, 1986; p. 163. - Retour texte

(5) Cf. Pascal ORY (préface Léon POLIAKOV), Le Petit Nazi illustré - Une pédagogie hitlérienne en culture française : Le Téméraire (1943-1944), Paris, Ed. Albatros, coll. «Histoires/Imaginaires», 1979, 122 p. - Retour texte

 
 
 
20 juillet 2008
COMPLÉMENT FILMOGRAPHIQUE AUX «VIKINGS» : LES FILMS D'ANIMATION
Claude Aubert a écrit :

Félicitations pour votre filmographie sur les Vikings, une fois de plus remarquable. Si cela peut vous intéresser pour un éventuel complément de votre document, et vu que vous avez signalé quelques dessins animés et un film un peu périphérique, je vous envoie, grossièrement listés, les noms de quelques «films» que je possède plus ou moins en relation avec les Vikings et qui, sauf erreur, n'apparaissent pas sur votre «vikingo-filmographie».

Astérix et les Vikings (dessin animé), Stefan Fjeldmark & Jesper Moller, 2006, 75'
Bécassine et le Trésor Viking (dessin animé), Philippe Vidal, 2001, 82'
Drôles de Vikings, volume 1 (dessins animés), Alan Lee, 1997
 

1. La Journée des Femmes, 25'
2. Les Visiteurs, 25'
3. Cinq Visiteurs et un Bébé, 25'
4.
La Grève des Éboueurs, 25'
5.
Les Géants et les Dieux, 25'

Drôles de Vikings, volume 2 (dessins animés), Alan Lee, 1997
 

1. La Saison des Pillages, 25'
2. Leif, le Malchanceux, 25'
3.
Les Fiançailles de Rolvo, 25'
4.
La Tradition, 25'

Drôles de Vikings, volume 3 (dessins animés), Alan Lee, 1997
 

1. Conférence au Sommet, 25'
2. Les Jeux des Vikings, 25'
3. Les Temps sont durs, 25'
4. L'Euroviking, 25'

Drôles de Vikings, volume 4 (dessins animés), Alan Lee, 1997
 

1. La Grande Aventure de Rolvo, 25'
2. La Fontaine de Jouvence, 25'
3. Les Percepteurs des Impôts, 25'
4.
Les Pirates, 25'

Drôles de Vikings, volume 5 (dessins animés), Alan Lee, 1997
 

1. La Reine Irmgard, 25'
2. Alfred le Fabuleux, 25'
3. Le Chef de la Police, 25'
4. Le Prêcheur Rock N'Roll, 25'

Drôles de Vikings, volume 6 (dessins animés), Alan Lee, 1997
 

1. La Sirène, 25'
2. La Légende de la Baleine, 25'
3. Revers de Fortune, 25'
4. Le Dragon, 25'
5. Tu aimeras ton Prochain, 25'

Hercule (série télévisée)
 

87. Les Dieux du Nord (début de «Le Pont de l'Arc-En-Ciel»), John Laing, 1999, 40'
88. Le Pont de l'Arc-En-Ciel (fin de «Les Dieux du Nord»), Michael Hurst, 1998, 39'

Leif Ericson (dessin animé), Phil Nibbelink, 2000, 85'
Robin des Bois, L'Invasion des Vikings (dessins animés), Douglas Richyards, 1992, 50'
Sagas Vikings (The Vikings Sagas) (V.O. angl. - Zone 1), Michael Chapman, 1995, 83'
Vic le Viking (volume 1, épisodes 1 à 5) (dessin animé), Runer Jonsson, 1973, 125'
Vic le Viking (volume 1, épisodes 6 à 9) (dessin animé), Runer Jonsson, 1973, 100'
Vic le Viking (volume 2, épisodes 1 à 9) (dessin animé), Runer Jonsson, 1973, 225' 

... et puis ces curiosités sous forme de BDVD, c'est-à-dire un métissage entre le DVD et la BD (dans un des prochains numéros de la 12e Heure, je ferai sans doute un dossier sur ce concept bizarre) :

(BDVD) Thorgal entre les Faux Dieux (chant premier), J. Van Hamme et G. Rosinski, 2005, 140'
(BDVD) Thorgal dans les Griffes de Kriss (chant deuxième), J. Van Hamme et G. Rosinski, 2006, 180'
 
 
RÉPONSE :
... Sans oublier les mangas comme Saint-Seya (Les Chevaliers du Zodiaque) où interviennent largement les dieux scandinaves/germaniques. Un tout grand merci pour toutes ces précisions, cher ami.
 
 
 
24 juillet 2008
ON ANNONCE : HERCULES : THE THRACIAN WARS (PETER BERG - D'APRÈS LA BD DE STEVE MOORE)
Daniel a écrit :

Peter Berg produira et réalisera Hercules : The Thracian Wars, une coproduction de Spyglass Entertainment, Film 44 (l'entreprise de Berg) et Radical Pictures.

Ryan Condal rédigera le scénario inspiré d'une série de cinq bédés de Steve Moore publiée par Radical Publishing depuis le mois de mai. Jonathan Glickman, Roger Birnbaum et Gary Barber de Spyglass produiront le film avec Peter Berg et Sarah Aubrey son associée de Film 44.

Levine a confié que les partenaires de la création se sont réunis parce que Glickman, Berg et Aubrey voulaient faire un film fidèle à la bédé. «Ce qui les a inspirés, c'est que l'histoire est basée sur un personnage, un personnage qui est davantage humain plutôt qu'un dieu, avec des conflits et un besoin de rédemption», dit Levine.

Berg s'apprête aussi à réaliser et à produire une nouvelle version du roman de science-fiction de Frank Herbert, Dune, pour Paramount Pictures.
(D'après Cinéfaniac)

hercules the thracian wars

 
 
RÉPONSE :

«Le demi-dieu Hercule combat sous les ordres du roi Cotys pour unifier les quatre royaumes de Thrace...» Bien, bien. On les verra à l'œuvre ceux-là, comme disait le muet à l'aveugle. Sans «vanterie», je croyais tout connaître de la mythologie grecque, mais on en apprend tous les jours savez-vous... Je rentre de chez mon dealer de comics US habituel, à Bruxelles. Brocouille ! Radical Comics est «un indépendant de chez Indépendant» ! Je lis sur le Net que cette BD est un succès incontournable, mais comme le premier fascicule n'est pas plus vieux que mai 2008, à peine un trimestre, je m'interroge quand même un peu, mon neveu... Adoncque, cette «célèbre BD» n'a pas plus d'un trimestre de gloire derrière elle ?

Si vous ne l'avez pas capté, Hercules - The Thracian wars n'a pas encore de casting défini, et de toute façon est annoncé pour... 2011. D'ici-là, beaucoup de choses peuvent entre-temps arriver. L'Enfer de Variety n'est-il pas pavé de films non aboutis, comme - à peu près - disait le Père Sartre ? Mais je lui souhaite bon vent, à cet Hercules de Peter Berg, bon vent en de wind van achter ! (Locution vernaculaire que je crois pouvoir traduire, en dépit de mes handicaps congénitaux, par «avoir le vent en poupe».)

hercule

Hurrah russkaya !
A noter que simultanément, on annonce un Hercule... russe, Hercules : The Beginning, une production Obsessed With Film avec l'acteur-bodybuilder et producteur Alexandre Nevsky (déjà vu ce nom quelque part... Einstein ? Eisenstein ?) avec un budget de 12 millions de dollars. Chais pas, moi ! Mais ça me rajeunit de vingt ans, ça me ramène à l'époque où, dans le sillage des bandes avec Lou Ferrigno, tout le monde voulait faire des films sur Hercule, de préférence d'après Marvel ou National, tandis que les producteurs italiens ressortaient leurs surgelés...

Sur Internet
Le film

La BD